Dès
l'entame de l'opus 77 n°1, l'auditeur est happé par la tension qu'impriment les membres du quatuor Edding à cet Allegro d'esprit ludique et d'une grande complexité rythmique. La suite ne déçoit pas : aux textures savoureuses de l'Adagio succède un Menuetto tourbillonnant jusqu'à prendre l'allure d'un scherzo. Logiquement, le Finale doit être encore plus rapide : surprise, il l'est bien, au fil d'une sorte de mouvement perpétuel euphorique.Dans l'opus 77 n°2, les Edding ne perdent pas de vue la cohérence du discours ni la lisibilité des thèmes, et enchaînent superbement les cellules rythmiques de l'Andante (magnifique dialogue violon-violoncelle à 5') après un Menuetto gorgé d'humour.
Nous dirons enfin que l'opus 103 possède ce qu'il faut de verve et de lyrisme pour emporter notre adhésion.
Jean-Luc Macia, Diapason, Mars 2009
En
choisissant d'ouvrir sa discographie par Haydn, le quatuor n'a pas choisi la facilité mais que surgissent les accords joyeux et déterminés de l'opus 77 (I) et l'écoute est happée et bientôt conquise. On peut définir les caractères du quatuor par opposition aux habituels défauts du genre : il joue juste, les sonorités sont agréables et chaleureuses, inscrites dans une belle profondeur de champ (voyez ceux qui tiennent le grave). Par ailleurs, la dynamique, la virtuosité et la clarté des violons confèrent à l'ensemble une vitalité rarement rencontrée dans ce contexte. La qualité artistique majeure étant l'énergie rhétorique, à la mesure d'une écriture infiniment riche, dont les musiciens révèlent ici l'inaltérable actualité. A cet égard, l'op.103 (composé en 1803 et laissé inachevé) est exemplaire : un andante grazioso, faussement aimable, traversé par des accents inquiets et violents, et un menuet où des envolées d'une incroyable virtuosité traduisent une passion inédite.La Libre Belgique, 29/04/2008
Les
musiciens témoignent d'un sensé naturel et honnête de la rhétorique typique de Haydn. Leur intonation est sans faille, ce sont tous les quatre des virtuoses qui produisent un son magnifique.De Standaard, septembre 2008
Qu'il y a des choses importantes qui se passent en Belgique est prouvé par ce CD avec les quatuors de l'opus 77 de Haydn. Rien ne sonne artificiel, tout respire et surprend continuellement. Le savoir-faire de ce quatuor sur instruments d'époque rend leur interprétation plus souple et plus construite que celle de beaucoup de formations modernes.
De Leeuwarder Courant, octobre 2008
Cette interprétation riche et ardente nous fait redécouvrir les derniers quatuors de Haydn comme s'ils venaient d'être composés, et ce grâce à l'exécution passionnée des Edding sur instruments historiques. Il n'est point de doute que ce quatuor deviendra rapidement une nouvelle référence dans l'interprétation de Haydn sur instruments d'époque. De plus, ce CD est mis en valeur par le magnifique travail de l'artiste Sara Claes dont la photographie est inspirée par la lumière et les couleurs des portraits du XVIIIème siècle.
Gramophone magazine, avril 2010
Mais c'est l'interprétation des Edding de l'op. 103 qui fait de ce disque un incontournable pour les amateurs de Haydn. Le tempo allant avec lequel ils exécutent l'Andante grazioso initial et la riche palette de couleurs offerte par les cordes en boyau nous emmènent au plus profond de l'œuvre. J'ai depuis toujours eu la sensation que Beethoven avait autant influencé Haydn que l'inverse (malgré les problèmes dans leur relation personnelle), et cette version, appuyant cet argument, rend tous les autres enregistrements que je connais pâles en comparaison. Le Menuet est également exécuté plus rapidement qu'à l'habitude, ce qui le rend d'autant plus fort. Ces deux mouvements, contemporains de la deuxième symphonie de Beethoven, nous font entendre Haydn au sommet de son art. Bravo au quatuor Edding, et à Et'cetera !
FANFARE: James H. North
Il n'y a point de plus grand chef-d'œuvre que le quintette avec clarinette de Mozart. Néanmoins, pour le faire étinceler, il est essentiel que l'interprétation en soit la plus mûre et la plus achevée possible. Le nouvel enregistrement par Nicola Boud et le quatuor Edding a tout cela. Ils jouent sur instruments d'époque ; la clarinette est une reproduction fabriquée à partir d'une image trouvée sur une affiche de concert d'Anton Stadler, l'ami de Mozart etle dédicataire du quintette. Le premier mouvement est captivant. Le grand thème principal prend son vol librement, le mélange des instruments est parfait et le son de la clarinette est magnifique, doux et moelleux. Le mouvement lent est comme une rivière, profonde et onctueuse, mais point trop lent. Le menuet n'est pas précipité et empreint d'un balancement Schubertien. Le trio en mineur sans clarinette est poignant. La fin du finale vous laisse avec le désir d'en écouter encore…
La sublime interprétation du quatuor K.421 vous plongera inévitablement dans le monde de la tristesse. L'exécution sur cordes en boyaux le rend encore plus sombre, et le génie de Mozart n'en est que mieux servi. Chaque détail y est traité avec attention sans que la grande structure en pâtisse. Ces musiciens m'ont tenu en haleine sur le bord de mon fauteuil à travers toute l'œuvre : depuis les vagues romantiques du premier mouvement, suivi par le paysage suspendu du deuxième mouvement, puis par le menuet acéré, et enfin dans la dance désespérée du final.
Dans ce disque, les musiciens ont su saisir et transmettre l'esprit de chacune des pièces, faisant ainsi ressortir la dualité entre la joie et la tristesse, si chère à Mozart. Si après la première écoute, Mozart ne me sortait plus de la tête, c'est parce que cette version m'a donné toute la musique de la meilleure façon que je puisse l'imaginer.
Oleg Ledeniov, musicweb-international